Charles Coubard, fondateur du Souvenir Vendéen

Charles Louis Joseph Coubard est né à Cholet le 13 mars 1890. Son goût précoce de l’histoire, nourri par l’enseignement du chanoine Bossard auquel l’historiographie vendéenne doit beaucoup, lui octroya la première place dans cette matière au collège Sainte-Marie, mais c’est vers la médecine qu’il orienta sa carrière. Après ses études, il revint s’établir dans sa ville natale au lendemain de la Première Guerre mondiale et commença à publier ses premiers écrits sur l’histoire locale dans le Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Beaux-Arts de Cholet.

Charles Coubard

Le Docteur Charles Coubard

Il prit conscience à cette époque de la menace qui planait sur la mémoire des Guerres de Vendée, mise en péril tant par les attaques des historiens de la Révolution que par la récupération de mouvements politiques qui risquaient d’en dénaturer l’héritage. Sa réflexion aboutit en 1932 à la fondation du Souvenir Vendéen, association voulue dès l’origine comme apolitique, dont le but était de populariser l’histoire des héros et des martyrs de la Vendée, tout particulièrement auprès de leurs descendants, et de promouvoir les valeurs morales et religieuses qui les décidèrent à se sacrifier pour leur défense.

Le docteur Coubard s’en donna très tôt les moyens avec une énergie qui n’a jamais failli tout au long de sa présidence. Le Souvenir Vendéen organisa ainsi de grands rassemblements autour de lieux de mémoire, à commencer par la Pénissière, le 30 octobre 1932, là où l’épopée de la duchesse de Berry s’était achevée. D’année en année, ces manifestations voyaient affluer un nombre inouï de participants, comme à Cholet en 1937, où 25.000 personnes se réunirent pour l’inauguration de la statue du Vendéen de Maxime Real del Sarte.

Soucieux de médiatiser son action, le docteur Coubard lança la publication d’un Bulletin du Souvenir Vendéen, qui deviendra Revue en 1947, anima des conférences et des veillées, pour lesquelles il entreprit en 1959 de réaliser un film intitulé Vendée 1793, projeté dans de nombreuses communes des quatre départements. Il voulut aussi fixer la mémoire dans la pierre, à chaque carrefour de la Vendée Militaire, en érigeant des monuments, des croix, en posant des plaques commémoratives dans tous les hauts lieux de la Grande Guerre de 1793. Dans ce registre, l’achèvement de la chapelle des Alouettes, dont la restauration fut confiée au Souvenir Vendéen en 1962, demeure son chef-d’œuvre. Le monument sera consacré deux ans après la mort du docteur Coubard.

Ce dernier souhaita enfin dresser un martyrologe, le Livre d’Or, pour recenser toutes les victimes de la Révolution, afin que chaque église de Vendée possède un mémorial au côté des morts de l’autre Grande Guerre, celle de 14-18. 

On n’en finit pas d’énumérer toutes les initiatives développées par ce « Cathelineau des temps modernes » pour promouvoir son attachement à l’histoire, à sa foi et à ses valeurs. À la dynamique qu’il a initiée dans toutes les classes de la société, et que ses héritiers perpétuent toujours 80 ans après, on mesure aujourd’hui que son action a incontestablement sauvé de l’oubli la mémoire de la Vendée.

Tombe de Charles Coubard

Le Souvenir Vendéen a posé en 2010 une plaque commémorative sur la tombe du Docteur Charles Coubard, dans le cimetière de Cholet.


Voici la liste des écrits de Charles Coubard, concernant l’histoire des Guerres de Vendée :

  • La Guerre de la Vendée, Cholet, 1793-1794, Éditions du Choletais, Cholet, 1992, 191 pages.
  • Pierre Bibard de la Tessoualle, drame historique vendéen en 5 actes et 7 tableaux, Imprimerie P. & O. Lussaud Frères, Fontenay-le-Comte, 1944, 96 pages.
  • Saint-Pierre de Cholet pendant la Révolution, 1793-1794, des Pagannes à la Papinière, Imprimerie Nouvelle Benaîtreau et Roulleau, 82 pages.

Publiés dans la Revue du Souvenir vendéen :

  • L’âme vendéenne devant la souffrance, n°25, septembre-décembre 1939.
  • Autour du problème de la Vendée-Province, n°30, octobre 1941.
  • Cent ans après : la guerre des historiens, n°30, mars 1955.
  • Chemins creux de Vendée, n°35, juin 1956.
  • La dernière journée de Bonchamps, n°49, Noël 1959.
  • En relisant les Mémoires de Pierre Devaud, n°32, septembre 1955.
  • Les futurs généraux vendéens à la journée du 10 août, n°52, septembre 1960.
  • La guerre de Vendée fut-elle un mouvement démocratique ? n°36, septembre 1956.
  • Le Martyre de la campagne choletaise, 1794, n°32, septembre 1955.
  • La « Patrie » des Vendéens et celle de la Révolution, n°40, septembre 1957.
  • Claude Génebor Pendant la tourmente, n°66, mars 1964.
  • Pour le Livre d’or de la Vendée Militaire, n°10, février 1950 ; n°63, juin 1963 ; n°64, septembre 1963 ; n°65, Noël 1963 ; n°66, mars 1964 ; n°67, juin 1964 ; n°68, septembre 1964 ; n°69, Noël 1964.
  • Les sanctuaires de Notre-Dame en Vendée militaire, n°26, mars 1954.
  • Le Souvenir vendéen a vingt ans, n°20, septembre 1952.
  • Les « Te Deum » de l’Armée Catholique et Royale, n°34, mars 1956.
  • Un état d’esprit à redresser, « les Vendéens honteux », n°20, juin 1938.
  • Un historien des guerres de Vendée, Émile Gabory (1872-1954), n°27, juin 1954.
  • Vendée militaire, réalité ethnique ou religieuse, n°43, juin 1958.
  • Y a-t-il encore une Vendée ? n°19, mars 1938.

Publiés dans le Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Beaux-Arts de Cholet :

  • Le Bois-Grolleau, 1926.
  • Les incendies de Cholet 1793-1794, 1927-28.
  • Autour de la mort de Henri de La Rochejaquelein, 1932.
  • Les Colonnes infernales et les massacres de Cholet 1793-1794, 1933.
  • Quand Cathelineau partit, drame historique acte et trois tableaux, 1937, publié en tiré-à-part, Imprimerie Freulon, 35 pages.
  • Un chapitre de l’histoire de Cholet pendant la Révolution, « ceux qui ont été emmenés de force », 1940.
  • Quelques aspects de la vie à Cholet en 1793-1794 d’après les interrogatoires de « suspects » choletais, 1958-59.
  • Clisson dans le cadre de la Guerre de Vendée, 1960.
Rue du Docteur Charles Coubard

Le Docteur Charles Coubard a sa rue à Cholet.