1er décembre 2018, hommage aux Vendéens morts aux Sables en 1793-1794

L’hebdomadaire Les Sables – Vendée Journal du 22 novembre 2018 a consacré un grand article à l’inauguration du martyrologe qui sera installé et inauguré le samedi prochain, 1er décembre 2018, dans l’église Notre-Dame-de-Bon-Port aux Sables-d’Olonne. Ces deux plaques de pierre feront apparaître les noms des 224 Vendéens morts aux  Sables-d’Olonne pendant la Révolution française.

Le dune des Sables-d’Olonne où était installée la guillotine qui correspond à l’emplacement actuel des Atlantes. (collections du Masc)

Qu’est-ce qu’un martyrologe ?

Il s’agit d’une liste de martyrs ou d’une liste de personnes qui ont souffert, qui sont mortes pour une cause.

Qu’est-ce que le Souvenir Vendéen ?

Il s’agit d’une association créée en 1932 par le docteur Charles Coubard. « Depuis cette époque, nous avons pour mission l’entretien de la mémoire vendéenne », annonce Olivier du Boucheron, président de l’association. Cela passe par différentes de choses comme des inaugurations de  plaques commémoratives, des martyrologes. Les membres de l’association étudient et recherchent également tous documents et traditions orales se rattachant à l’histoire de la Vendée militaire.

« Nous faisons suite à une longue période de silence sur les guerres de Vendée, explique le président. À l’issue de 1796, il y a eu presque 150 ans de silence face à un massacre continu. Puis, entre 1930 et 1980, on commence à beaucoup en reparler. Cela va susciter des recherches, des livres, etc. »

En Vendée, il est désormais impossible de parler de la Révolution sans évoquer le génocide. Il n’est pourtant abordé que depuis une période récente. « À l’approche du bicentenaire de la Révolution, c’est la thèse de Reynald Secher, Le génocide franco-français, la Vendée-Vengé, qui va redistribuer les cartes. » Même si cette thèse va être profondément combattue par les universitaires qui vont considérer comme inexistant le génocide vendéen.

« Cette boîte de Pandore a été refermée il y a deux ans par Jacques Villemain et son livre, Vendée 1793-1794. Lui s’est attaché à analyser le conflit avec son œil de juriste et sa conclusion est sans appel, indique Olivier du Boucheron ;  pour un juriste, les guerres de Vendée seraient considérées comme un génocide pour la période de janvier 1794 à juillet 1794. L’Université n’a pas réagi depuis deux ans à ce livre ; les Vendéens, dans leur mémoire collective, peuvent donc considérer qu’il y a une reconnaissance implicite ». Il insiste : « La question du génocide est juridique et pas historique ».

Que s’est-il passé aux Sables-d’Olonne durant la Révolution ?

Olivier du Boucheron, président du Souvenir Vendéen, Grégoire Moreau, administrateur, et Bernard Dutoya, correspondant cantonal des Sables-d’Olonne

« Plus  de 200.000 personnes sont mortes pour leurs idées en  Vendée militaire », rappelle Grégoire Moreau, administrateur du Souvenir Vendéen. Les Sables-d’Olonne étaient une ville républicaine, un bastion de la résistance, mais aussi une ville très militarisée. De nombreuses prisons y ont été ouvertes. Deux batailles s’y sont même déroulées en mars 1793. « C’est aux Sables-d’Olonne que s’exprimait le pouvoir révolutionnaire ». Un quotidien fait de  dénonciations, de rafles chez les gens et d’arrestations dans la rue. Au final, 224 Vendéens sont morts aux Sables-d’Olonne, « 129 ont été guillotinés ou fusillée, 95 sont morts en prison, sans jugement, laissés à leur sort dans des conditions sanitaires inhumaines ». Parmi ces personnes, beaucoup de femmes. Grégoire Moreau ajoute : « Pendant trois, quatre, cinq, six mois, jusqu’à l’été 1794, des gens vont croupir en prison. Ce sont les anonymes de service ».

Que sera le martyrologe des Sables-d’Olonne ?

« Le martyrologe est la forme la plus importante pour garder la mémoire de toutes ces personnes mortes pour défendre leurs idées », estime Grégoire Moreau. Le martyrologe des Sables-d’Olonne sera composé de deux plaques en pierre accrochées sur les murs du déambulatoire de l’église. La première laissera apparaître 129 noms, ceux des guillotinés et des fusillés sur le Remblai, et la deuxième, 95 noms des personnes mortes en prison. 

« Intentionnellement, nous avons mis, en plus des noms et prénoms, les âges et communes afin que les gens puissent voir que des familles entières ont disparu à la même date. » Des personnes originaires de 74 communes vendéennes. Cette liste aurait pu être encore beaucoup plus longue selon l’association, puisque Les Sables-d’Olonne ont fait transférer à l’époque beaucoup de prisonniers par bateaux vers Noirmoutier.

Quelle est la volonté du Souvenir Vendéen ?

« Notre souhait est de faire le lien entre le succès économique de la Vendée et ce qu’il s’est passé durant cette période. Nous sommes une région avec une population d’une volonté extraordinaire. Au fond, la Vendée a vécu un génocide et c’est la seule population où l’on peut analyser les conséquences d’un génocide sept générations plus tard ». Et de rappeler :  « Le Souvenir Vendéen est totalement apolitique et aconfessionnelle. Nous ne défendons pas une religion mais des personnes qui sont mortes pour leur religion ».

Entretien recueilli par Marion Travers pour Les Sables – Vendée Journal, jeudi 22 novembre 2018

L’inauguration du martyrologe des Sables-d’Olonne aura lieu le samedi 1er décembre à 15 heures à l’église Notre-Dame-de-Bon-Port. Un événement ouvert à tous. Lors de cette cérémonie, l’abbé Nouwavi bénira les deux plaques et une évocation historique des victimes sera prononcée. Pour ceux qui le souhaitent, il est possible de consulter ces noms sur le site internet du Souvenir Vendéen.

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