Le drapeau de Bonchamps, clou du spectacle à la Baronnière

Véritable relique des Guerres de Vendée prêtée spécialement pour les Journées du Patrimoine, le drapeau de Bonchamps était présenté samedi et dimanche dans une mise en scène émouvante au château de la Baronnière, chez le général de Bonchamps. 

Ce drapeau aurait été confectionné par Madame de Bonchamps qui note dans ses Mémoires, quand son mari entra en guerre le 13 mars 1793 : « Je distribuai à tous mes paysans des cocardes blanches et un drapeau avec des fleurs de lys. Je les fis avec mon linge et mes robes, n’ayant point d’étoffe. Je n’ai jamais cousu et brodé avec autant d’ardeur et de plaisir » (1). Jacques Crosefinte évoque aussi à ce propos le rôle de Madame de Lescure (2).

Est-ce ce drapeau qui apparaît juste après l’insurrection de Saint-Florent-le-Vieil, quand Bonchamps organise son armée ? « Les cloches appelèrent tous les habitants dans l’église où un Te Deum fut chanté ; après la bénédiction du drapeau blanc par le curé insermenté Gruget (3), l’assistance se forma en procession… » (4).

Selon la tradition orale, le drapeau de Bonchamps « fut – après la défaite des Vendéens (sans doute à Savenay) – caché dans un pot de beurre pour ne pas tomber aux mains des républicains. Vers le milieu du XIXe siècle, il fut restitué à la famille. Ce drapeau est passé de la collection de Maupeou à la collection de Casenove de Pradines (renseignements puisés dans la plaquette éditée par l’Écomusée du Puy du Fou) pour l’exposition consacrée aux “traces des guerres de Vendée dans la mémoire collective” en septembre 1983 » (5).

  1. Mémoires de Madame la marquise de Bonchamps sur la Vendée, réédités par Pays et Terroirs en 2017, p. 37.
  2. J. Crosefinte, Les drapeaux vendéens, p. 33. Crosefinte précise toutefois plus loin (p. 37) : « Selon la légende, ce drapeau aurait été confectionné dans une des robes de Mme de Lescure ». Mais cette dernière n’en parle pas dans ses Mémoires, sinon pour dire qu’elle a fait confectionner un drapeau pour son mari : « Le curé de Saint-Laud (l’abbé Bernier) célébra la messe à minuit ; avant le départ (pour la bataille de Torfou) il fit un fort beau sermon, et bénit solennellement un grand drapeau blanc que j’avais fait broder pour l’armée de M. de Lescure. Ce drapeau portait une grande croix d’or, trois fleurs de lis, et au-dessus ces mots : “Vive le Roi” » (édition de 1823, p. 202).
  3. Michel François Gruget, vicaire en 1775, puis curé de Saint-Florent-le-Vieil à partir de 1783. Il était le frère de Simon Jean Gruget (1751-1840), curé de la Trinité d’Angers qui a laissé de précieux mémoires sur la Révolution dans la capitale angevine (réédités par Pays et Terroirs). 
  4. René Blachez, Bonchamps et l’insurrection vendéenne, 1760-1793, réédité par Pays et Terroirs en 2017, p. 118.
  5. J. Crosefinte, op. cit., p. 33. On lit dans la Revue du Souvenir Vendéen n°82 (pp. 29-30) : « Un jour de 1873, se trouvant à Varades, M. de Cazenove vit venir un paysan qui lui dit : “Je sais que vous êtes un petit-fils du général de Bonchamps et je veux vous rendre un drapeau qui a été conservé par ma famille dans un pot à beurre”. On se rendit chez ce brave et en effet le drapeau se trouvait dans sa maison, enroulé dans le pot de grès où il était resté caché ». 
    Voici la filiation entre Bonchamps et la famille de Cazenove de Pradines : La fille de Bonchamps, Zoé (1789-1877), épousa le comte Arthur de Bouillé (1790-1868), dont elle eut un fils, Fernand (1821-1870), tué à la charge de Patay. Marie de Bouillé (1848-1920), fille de Fernand, épousa en 1866 Édouard de Cazenove de Pradines (1838-1896), qui fut également Volontaires de l’Ouest. 
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