Recueillement sur la tombe du Docteur Coubard, fondateur du Souvenir Vendéen

85 ans après la toute première manifestation de notre association – c’était au logis de la Pénissière, le 30 octobre 1932 – nous avons souhaité rendre hommage à son fondateur, le Docteur Charles Coubard, qui voua sa vie à la défense de la mémoire vendéenne. En ces temps de Toussaint propices au souvenir de nos morts, nous nous sommes recueillis, hier après-midi, sur sa tombe au cimetière de Cholet. 

Photo souvenir autour de la tombe du Docteur Coubard

Prière, évocations historiques et dépôt de gerbe ont animé la cérémonie sous la conduite de Xavier de Moulins, président par intérim du Souvenir Vendéen. On retiendra l’hommage au Docteur Coubard qu’il a lu, avec Michel Chatry :

Dans la nuit du 6 au 7 mai 1966, le Docteur Charles Coubard était frappé d’une congestion cérébrale, en sa demeure de l’Espinose, à Clisson, où tant de fois il avait aimé réunir notre Comité directeur.

La nouvelle se répandait vite dans toute la Vendée Militaire. De toutes parts affluèrent non pas de banales condoléances mais des témoignages de regrets profonds et de véritable douleur. Tant était sensible aux cœurs vendéens la perte de celui qui, il y a 34 ans, ranimait la flamme du souvenir et qui, jusqu’à son dernier jour, ne cessa de l’entretenir, avec la même foi ardente.

Charles Coubard était né à Cholet en 1890. Il fit d’excellentes études à l’institution Sainte-Marie, où il eut pour maître le Chanoine Bossard, supérieur de la fondation. Plus tard il écrira la vie de ce Vendéen de marque, titulaire d’une chaire de l’Histoire de la Vendée Militaire à l’Université Catholique de l’Ouest et ont l’influence dut contribuer fortement à inspirer à son élève un attachement indéfectible à la tradition vendéenne.

La cérémonie orchestrée par Xavier de Moulins, président par intérim du Souvenir Vendéen

Après avoir accompli ses études médicales à Bordeaux, le Docteur Coubard revint à Cholet où il exerça sa profession jusqu’après la guerre de 1940. Ce fut en 1932 qu’avec quelques amis, Émile Grimaud, Lunel, le Vicomte de Kervanoaël, Turpault, Maurice Pellerin, le Frère Jacquet, Tony Catta, il fonda le Souvenir Vendéen. Bien modeste à ses débuts, l’œuvre grandit d’année en année. Nous n’avons pas à rappeler ses développements, mais ce que nous devons souligner c’est qu’ils furent dus surtout au fondateur, qui fut son principal animateur, et qui sut veiller à ce qu’elle ne se départisse jamais de la ligne qu’il lui avait tracée dès les débuts : fidélité à la tradition, à toute la tradition vendéenne, sans fléchissement ni déviation. Il estimait que la vérité historique reconstituée, délivrée des erreurs et des mensonges qui l’avaient obscurcie, de l’ignorance et du dédain dans lesquels elle restait ensevelie, devait rassembler dans un même respect non seulement les descendants des combattants de la Grande Guerre — il y en a dans tous nos villages — mais aussi les Français de toutes provinces, fidèles à la vieille patrie chrétienne, dont la Vendée, combattant pour sa Foi et pour ses institutions légitimes, fut le miroir fidèle.

Charles Coubard était préparé à ce rôle de mainteneur par sa culture intellectuelle, ses goûts d’historien et son esprit profondément chrétien. Sa pensée très riche, originale, éprise du pittoresque et des coutumes de la terre natale, s’exprimait dans un style vivant, parfois incisif, avec un savoureux accent de terroir. Il publiait, vers les années 1930, dans La Dépêche Vendéenne, des Chroniques dominicales qui ne furent pas sans influence pour la diffusion de l’idée d’une renaissance vendéenne. Le Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Beaux-Arts de Cholet recueillit plusieurs de ses études d’histoire locale.

Le dépôt de gerbe sur la tombe du Docteur Coubard, par Xavier de Moulins et Christian Mênard

Mais, nous l’avons dit, c’est au Souvenir Vendéen qu’il donna le plus de lui-même. Attentif aux anniversaires historiques, à la commémoration des grandes heures vendéennes, au rappel des héros, chefs fameux ou soldats oubliés, il sut organiser des rassemblements dont plusieurs attirèrent de véritables foules. La Revue trimestrielle du Souvenir Vendéen, à laquelle il sut attirer des collaborations multiples venant non seulement de la région vendéenne, mais de tout l’Ouest — Maine, Normandie, Bretagne — et d’autres provinces, contribua beaucoup à restituer le vrai visage de la Vendée, à amener des adhérents, à déterminer des indécis, à éclairer, à convertir des esprits mal informés. Quand une erreur, une mauvaise légende — ce sont toujours les mêmes — reparaissaient dans un article de presse ou dans un ouvrage d’histoire ou un roman, il les signalait et les démolissait avec ardeur, comme un soldat se portant sur le rempart ; et il appelait à la rescousse l’un ou l’autre de ses collaborateurs.

Trois œuvres principales ont jalonné la marche du Souvenir Vendéen, sous la conduite de cet animateur inlassable : le monument du grand sculpteur Maxime Réal del Sarte, À la Vendée, érigé à Cholet en 1937 ; la réalisation du film Vendée 1793 qui passa sur de multiples écrans dans tous les territoires de la Vendée Militaire de 1958 à 1966 ; et la restauration de la Chapelle du Mont des Alouettes, commencée en 1962. Ajoutons à ces trois œuvres l’érection ou la restauration de croix commémoratives, la recherche des noms des victimes de la Révolution pour la composition du Livre d’Or de nos paroisses, les multiples réunions locales rappelant aux familles la part prise par leurs ascendants à la lutte contre-révolutionnaire, et nous aurons un aperçu d’ensemble de i’œuvre accomplie par Charles Coubard lui-même ou sous son énergique impulsion.

Lecture de l’hommage au président-fondateur du Souvenir Vendéen

Dans ses dernières années il s’était retiré dans sa propriété de l’Espinose, à Clisson, au bord de la Sevré nantaise, cette rivière vendéenne, dont les rives escarpées virent bien des combats ou servirent de refuge à ceux qui fuyaient les Colonnes infernales.

En 1965, la mort de Madame Coubard, qui avait aidé son mari dans son œuvre vendéenne, tant par la gracieuseté de son accueil que par sa compréhension intelligente et son jugement ferme et sûr, avait jeté une ombre de deuil sur cette paisible et charmante demeure…

Les participants se sont ensuite rendus au local de l’association pour prendre un café bienvenu par ce temps maussade, et grignoter des gâteaux apportés par Marie-Alix de Rengervé. Nous la remercions, ainsi que Christian Mênard qui s’est chargé de la gerbe de fleurs. 

La tombe du Docteur Coubard fera prochainement l’objet d’un nettoyage complet.

La plaque posée en 2010

La croix marquée du Sacré-Cœur

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