Une journée radieuse sur les terres de l’Armée du Centre

Le Souvenir Vendéen a fait étape hier à Mesnard-la-Barotière, Mouchamps et L’Oie, au fil d’un parcours chargé d’histoire, jalonné de monuments que l’association a restaurés ou mis en valeur à l’occasion de cette belle journée de printemps. 

Découverte de la Croix Gravereau entièrement restaurée (à droite, la même croix en 2014)

À Mesnard-la-Barotière, les participants ont pu assister à la messe célébrée par un jeune prêtre, le Père Alexandre-Marie Robineau. Passionné d’histoire et adhérent de notre association, cet enfant du Bocage vendéen a su rendre un très bel hommage à nos Martyrs lors de son sermon. Accompagné par toute l’assistance à la fin de l’office vers l’extérieur de l’église, le prêtre a ensuite béni notre nouvelle plaque pédagogique, dévoilée par MM. Michel Chatry, président du Souvenir Vendéen, et Serge Fichet, maire de Mesnard-la-Barotière.

En mémoire de Vasselot et de la famille de Mesnard

Celle-ci rend hommage à Joseph Amand de Vasselot, le dernier à avoir mené le combat en 1796. Ce nouveau support illustré, avec sa notice historique, permet aujourd’hui au public de découvrir la plaque que nous avions posée en 1953 au château de Mesnard, tout proche, mais hélas inaccessible.

Un exposé sur Joseph Amand de Vasselot, exécuté non loin de là le 4 mai 1796, mais aussi sur la famille de Mesnard, de la Révolution à la dernière Guerre de Vendée de 1832, a complété cette inauguration.

L’ancienne église Saint-Christophe de Mesnard-la-Barotière

L’abbé Cornu, curé insermenté de Mesnard-la-Barotière, officia dans cette église.

Les fresques du XIIIe siècle furent découverte par hasard en 1950.

L’église de Mesnard-la-Barotière, construite en 1871

À la fin de la messe, procession vers la nouvelle plaque pédagogique à l’extérieur de l’église

Bénédiction de la plaque par l’abbé Robineau

Le massacre du Parc-Soubise

La deuxième étape nous a emmenés au château du Parc-Soubise, près de Mouchamps, un site historique exceptionnel, profondément marqué par le passage des Colonnes infernales. Nous avons traversé la propriété, en particulier une grange démesurée à la charpente unique dans la région, puis nous avons gagné la cour du vieux château, théâtre du massacre de 200 habitants des environs, raflés par les soldats républicains et fusillés à cet endroit le 31 janvier 1794.

Le récit de cette journée d’horreur s’est inscrit dans celui de la marche de la colonne infernale commandée par Lachenay, de son départ d’Argenton-Château jusqu’à son arrivée aux Essarts, au soir du 31 janvier.

Une plaque du Souvenir Vendéen commémore ce massacre du Parc-Soubise depuis 1958, mais située dans une propriété privée, comme au château de Mesnard, elle reste invisible pour le public. C’est pourquoi nous l’avons reproduite, accompagnée d’une notice historique, sur une stèle de schiste érigée au bord de la route qui longe le château.

Le château du Parc-Soubise

La grange monumentale du château du Parc-Soubise

Aperçu des charpentes de la grange

Devant le vieux château incendié en 1794

La chapelle et la plaque du Souvenir Vendéen (1938)

La plaque commémore le massacre du 31 janvier 1794, dans la cour du château

Vue sur le vieux châteaux depuis la grille d’entrée

Dévoilement de la nouvelle plaque pédagogique par MM. Hervé Robineau, maire de Mouchamps, et Michel Chatry, président du Souvenir Vendéen, et de Mme de Vienne, de la famille de Chabot, propriétaire du Parc-Soubise

La nouvelle plaque pédagogique au bord de la route

La Croix Royrand aux Quatre-Chemins

La dernière étape de la matinée nous a conduits aux Quatre-Chemins-de-l’Oie. La grande croix et sa plaque posée en 1984 par le Souvenir Vendéen à la mémoire de Royrand, sur la route de Saint-Fulgent, ont été nettoyées avec soin, y compris la niche dans laquelle nous avons replacé une statuette de la Vierge. Jean-Claude Desmars nous a raconté, devant cette ancienne croix de mission, l’histoire de Charles-Aimé de Royrand, commandant en chef de l’Armée du Centre, dont l’action fut essentielle à la défense du front de la Vendée vers le sud.

Après cela, nous sommes partis reprendre des forces en déjeunant non loin de là, au restaurant Le Grand Turc, dont le nom trouve son origine dans le passage de Napoléon aux Quatre-Chemins-de-l’Oie, le 8 août 1808.

La Croix Royrand aux Quatre-Chemins-de-l’Oie avant restauration (à droite) et aujourd’hui (à gauche)

Récit de la vie de M. de Royrand, général vendéen, par Jean-Claude Desmars

La nouvelle Croix Gravereau

Nous sommes restés sur la commune de L’Oie pour l’étape principale de notre journée, marquée par la découverte de la Croix Gravereau, dite aussi de la Guérinière, entièrement restaurée et agrandie. La vieille maçonnerie du piédestal, très dégradée, a été remplacée par de grands blocs de calcaire dur, éclatants de blancheur sous le soleil. Au sommet, rehaussée par rapport à l’ancien monument et bien décapée, la croix a révélé son beau granit rose de Saint-Macaire-en-Mauges.

La plaque de bronze a elle aussi fait l’objet d’une complète rénovation mettant en valeur l’hommage rendu en 1950 aux gars de Royrand et Sapinaud, dont la victoire en ce lieu, le 19 mars 1793, « donna son nom aux Guerres de Vendée ».

La nouvelle Croix Gravereau ou de la Guérinière

La plaque totalement restaurée avec ses lettres dorées

Bénédiction de la nouvelle Croix Gravereau par l’abbé Guy Boudaud, de la paroisse Sainte-Croix-des-Essarts, aux côtés de Michel Chatry (à gauche) et Jean-Claude Desmars (à droite)

Exposé sur la bataille du 19 mars 1793 par Christophe Hermouet

La bataille qui donna son nom à la Guerre de Vendée

Deux batailles majeures sur le « cours royal »

Après la bénédiction du monument, Christophe Hermouet, nouvel administrateur du Souvenir Vendéen, nous a invités à nous réfugier à l’ombre d’un bosquet, lieu propice pour son exposé sur cette bataille décisive. Doué d’un indéniable talent d’orateur, il nous en a décrit le déroulement le long de cette route stratégique, cartes à l’appui, en soulignant les qualités de tacticien de M. de Royrand, ce général vendéen trop méconnu.

Laissant ici M. Jean-Octave Audrin, maire de L’Oie, nous avons ensuite rejoint M. Daniel Chasserieau, maire de Saint-Germain-de-Prinçay, qui nous a reçus au Camp des Roches. Ce haut lieu des Guerres de Vendée fut le théâtre d’une grande bataille le 5 septembre 1793, comme nous l’a à nouveau expliqué Christophe Hermouet devant la stèle élevée à cet endroit en 1993 et toujours entretenue.

La stèle du Camp des Roches

Dépôt de gerbe au pied de la stèle par MM. Michel Chatry, Jean-Claude Desmars et Daniel Chasserieau, maire de Saint-Germain-de-Prinçay

Récit de la bataille du 5 septembre 1793 autour du Camp des Roches, par Christophe Hermouet

La gerbe de fleurs en forme de Sacré-Cœur

Lieux de mémoire à Mouchamps

La dernière étape de notre journée de printemps nous a ramenés à Mouchamps, cette fois dans le bourg. Nous nous sommes tout d’abord rendus au cimetière de la Chaussée, accroché à son coteau escarpé en face de l’église. C’est là que repose le prieur Boursier, curé de la paroisse sous la Révolution, dont Jean-Pierre Rambaud a peint le portrait. La tombe formée d’une grande dalle de granit a été restaurée pour l’occasion. Notons que la sépulture voisine est celle de Marie-Louise Regrenil, religieuse ursuline, qui n’est autre que la sœur de Louise, cette combattante vendéenne qu’on surnommait « la Hussarde ».

Nous avons terminé notre programme par la visite de l’église qui abrite l’un des premiers martyrologes posés par le Souvenir Vendéen en 1953. Henri Baguenier Desormeaux en a lu chaque nom, que nous avons salué par une prière.

Notre journée s’est achevée près de l’église, par un verre de l’amitié particulièrement rafraîchissant, offert par la municipalité de Mouchamps. Remercions-en le maire, M. Hervé Robineau, qui nous a aimablement accompagnés lors de ce périple si chargé d’histoire.

Le cimetière de la Chaussée à Mouchamps

Évocation de la vie du prieur Boursier devant sa tombe

La tombe restaurée du prieur Boursier et le martyrologe de Mouchamps dans l’église

L’église Saint-Pierre de Mouchamps

Lecture des noms des victimes de la Révolution à Mouchamps et prière en leur mémoire

Le compte rendu complet de la journée de printemps paraîtra dans le n°279 de la Revue du Souvenir Vendéen.

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Une réponse à Une journée radieuse sur les terres de l’Armée du Centre

  1. rambaud dit :

    Bonjour ou Bonsoir (c’est selon …)

    Merci à celles et ceux qui ont contribué au succès de cette journée :

    – le bureau du SV : Michel Chatry, Xavier de Moulins, Pierre Gréau et Noëlle Pouplin,
    – les correspondants cantonaux : Jean Claude Desmars et Clément Braud,
    – le spécialiste des plaques pédagogiques et réalisateur du carton du menu : Daniel Jean Amaglio,
    – les accueillants : Hervé Gobin et son épouse,
    – le maître de chœur : Dominique Séchet,
    – l’organiste : Dominique de Bréhende (adh. SV),
    – les conférenciers historiques : Nicolas Delahaye, Jean Claude Desmars et Christophe Hermouet.

    Un grand merci également :

    – aux 2 prêtres qui nous ont accompagnés : Alexandre-Marie ROBINEAU (adh. SV) qui a célébré la messe et béni la plaque de Mesnard la Barotière et Guy Boudaud qui a béni la croix Gravereau,
    – aux membres de la famille De Chabot (adh.SV) qui nous ont permis d’accéder à la plaque de la chapelle du Parc Soubise et particulièrement à Mme Ghislaine de Chabot de Vienne qui a dévoilé avec le président du SV la plaque pédagogique,
    – aux maires des communes concernées : Sainte Florence, l’Oie, Saint Germain de Prinçay et, avec une mention particulière, notre adhérent Hervé Robineau, maire de Mouchamps pour sa participation à la stèle du parc Soubise et pour son accueil en fin de journée,
    – au Major Pépin et aux gendarmes de la Brigade des Herbiers qui nous ont aidés au délicat passage de la croix Gravereau.

    Mentionnons enfin :

    – les restaurateurs : M. et Mme Steiner et le personnel du Grand Turc de L’Oie,
    – les entreprises qui ont réalisé les travaux : Berson de Largeasse (79) pour la croix Gravereau, Nettoyage-Sérénité des Herbiers (85) pour la Croix Royrand et la stèle des Roches, TradiRénov de Mouchamps (85) pour la tombe Boursier et la plaque de l’église, la Fonderie d’Art « La Mélusine » de Vouvant (85) pour la plaque et le double cœur de la croix Gravereau, ArtMania de Thouars (79) pour les plaques pédagogiques.

    Rendez-vous le 30 septembre en Anjou, nous ferons mémoire de 3 généraux vendéens : François Athanase Charrette de la Contrie, Charles Melchior Arthus marquis de Bonchamps et Jacques Nicolas Fleuriot de la Freulière dernier généralissime de Grande Armée.

    MAB – CLG – Rembarre

    JP RAMBAUD
    Administrateur du SV
    Chargé des P&M
    Délégué pour la section de La Rochelle

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