Se souvenir du Grand Massacre de La Gaubretière

Chaque année, le Souvenir Vendéen et l’association La Gaubretière Terre d’Histoire célèbrent la mémoire des victimes du Grand Massacre du 27 février 1794 sur un des sites de la commune marqués par les Guerres de Vendée. Après la Louatière, honorée d’une plaque en 2016, les organisateurs ont choisi la Croix des Religieuses comme lieu de rassemblement pour cette année.

Rassemblement autour de la Croix des Religieuses, hier après-midi

Paroisse héroïque et martyre des Guerres de Vendée, La Gaubretière compte en effet un grand nombre de lieux de mémoire. Jean-Pierre Rambaud, qui animait la manifestation hier, a indiqué qu’il nous en reste encore sept pour les prochaines commémorations, sans compter le cimetière, célèbre « Panthéon de la Vendée Militaire » peuplé de contemporains de la Grand’Guerre de 93, à commencer par le général Sapinaud de La Rairie.

Le massacre du 10 mars 1795

Le lieu retenu cette année, la Croix des Religieuses, reste méconnu. Aucune plaque ne rappelle son histoire tragique. Pierre Rangeard raconte ceci dans ses souvenirs : Treize 
mois après cette affreuse hécatombe (le Grand Massacre du 27 février 1794), le 10 mars 1795, cinq religieuses Augustines qui tenaient avec Mlle Marot, une petite Providence non loin de La Gaubretière pour le soulagement des malades, ayant quitté leur retraite, entraient dans le bourg. Aperçues par une colonne si justement appelée infernale, elles ne purent s’enfuir. Arrêtées au pied de la Croix de mission, elles avouent qu’elles sont religieuses. « Criez Vive la république et À bas Le Bon Dieu ! » – « Plutôt mourir mille fois » s’écrient-elles toutes ensemble. Tombant à genoux et embrassant les débris de la croix mutilée, elles entament le cantique « Vive Jésus, Vive sa croix ». D’une voix forte et assurée, et quand les têtes des martyres tombèrent sous le tranchant des sabres, les lèvres murmuraient encore les paroles du saint cantique.

Une croix de mission

La croix actuelle date d’une mission prêchée par les Jésuites de la maison de Nantes en 1863.

Avant la Révolution, les pères montfortains prêchèrent deux missions à La Gaubretière : la première en 1751, la seconde en 1773. Pour cette dernière, le compte rendu des pères précise : « On y planta une nouvelle croix, assez inutilement », ce qui laisserait supposer qu’une croix avait déjà été plantée en 1751.

Les deux croix furent certainement détruites par les soldats républicains début 1794, soit par ceux de Boucret le 4 février lors du siège du clocher, soit par ceux de Huché le 27 février, jour du Grand Massacre.

 La tradition locale veut que ce soit à l’emplacement des ruines de la croix sur lesquelles les religieuses furent massacrées, qu’on édifia celle de 1863.

Hommage aux Martyrs de La Gaubretière

Les participants n’ont pas craint la tempête qui agitait hier notre bocage. Le ciel leur a donné raison, car la pluie a même cessé de tomber pendant le temps de la cérémonie. Après l’historique de la croix présenté par Jean-Pierre Rambaud, M. l’abbé Jean-Paul Mothais, curé de la paroisse, a lu quelques paroles de l’Évangile de Saint Luc (21, 12-19) : « On portera la main sur vous et on vous persécutera… ils feront condamner à mort plusieurs d’entre vous. Vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous gagnerez la vie… » Après les prières et les chants, une gerbe d’œillets dessinant un Sacré-Cœur a été déposée au pied de la croix.

Les participants se sont ensuite repliés dans une salle communale, à quelques mètres de là, pour un verre de l’amitié offert par la municipalité. Plusieurs responsables ont alors pris la parole : Michel Chatry, président du Souvenir Vendéen, Sandra Guérin, présidente de La Gaubretière Terre d’Histoire, Jean-Daniel Bernard, conseiller municipal de La Gaubretière et Guillaume Jean, conseiller départemental pour le canton de Mortagne-sur-Sèvre, qui a souligné l’importance de ces commémorations : « On n’est pas là par nostalgie, mais par devoir ». L’élu a également remercié les associations pour leur travail de transmission aux générations futures.

La réunion s’est achevée par une conférence donnée par Jean-Yves Bouchaud, autour de son livre, Mémoires de guerre d’un paysan vendéen, dont le cadre voisine de près avec celui de La Gaubretière au temps des Guerres de Vendée.


Petit album photo en souvenir de cette commémoration :

Exposé de Jean-Pierre Rambaud, responsable des Plaques & Monuments du Souvenir Vendéen, sur l’histoire de la Croix des Religieuses

Prière de l’abbé Jean-Paul Mothais devant la Croix des Religieuses

De gauche à droite : Sandra Guérin (présidente de La Gaubretière Terre d’Histoire), Guillaume Jean (conseiller départemental pour le canton de Mortagne-sur-Sèvre), l’abbé Jean-Paul Mothais (curé de la paroisse), Michel Chatry (président du Souvenir Vendéen), Jean-Daniel Bernard (conseiller municipal de La Gaubretière) et Xavier de Moulins (1er vice-président du Souvenir Vendéen)

Le Sacré-Cœur en œillets rouges et blancs au pied de la croix

Allocution de Sandra Guérin avant le verre de l’amitié

Guillaume Jean, Jean-Daniel Bernard et Michel Chatry

Présentation de Jean-Yves Bouchaud (à gauche) par Xavier de Moulins

La conférence de Jean-Yves Bouchaud sur son aïeul, combattant vendéen des Mauges

   

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