Restauration de la plaque de l’abbé Nicolas

Fichée à l’entrée du logis de Beauregard, à la limite de Mortagne-sur-Sèvre et de Saint-Christophe-du-Bois, une courte croix de granit commémore le martyre de François Nicolas, vicaire de Chambretaud, massacré par les Bleus à la fin de l’année 1793. La plaque posée par le Souvenir Vendéen à cet endroit en 1958 vient d’être restaurée sous la direction de Christian Mênard, notre correspondant cantonal.

Logis de Beauregard

Le logis de Beauregard et la croix de l’abbé Nicolas

Croix de l'abbé Nicolas

Les lettres ont été repeintes en rouge (couleur d’origine) sur la plaque restaurée

Croix de l'abbé Nicolas

Pour comparer, voici l’état de la plaque avant restauration

Plaque de l'abbé Nicolas

La plaque du Souvenir Vendéen fraîchement repeinte


François Nicolas est né à Saint-Martin-Lars (ancien nom de Saint-Martin-des-Tilleuls) le 11 janvier 1761. Probablement remarqué par son curé, le garçon entra au séminaire d’où il sortit vicaire. Sa première signature, portée au registre de Chambretaud (ci-dessous), apparaît en date du 20 décembre 1785. Il a alors à peine 25 ans.

Abbe Nicolas 1

La clandestinité

La Révolution le trouve dans cette paroisse du Bocage aux côtés du curé Gabard. Comme la majorité du clergé vendéen, le curé et le vicaire rejettent le serment imposé aux ecclésiastiques. Ils parviennent cependant à poursuivre leur ministère jusqu’en 1792, avant d’entrer dans la clandestinité. M. Gabard trouve refuge parmi ses paroissiens. Il échappera aux Bleus pendant la Terreur, jusqu’à la paix.

François Nicolas, quant à lui, s’est retiré chez ses parents, aux environs de Tiffauges. L’endroit isolé semblait une retraite idéale. Hélas ! à la fin de l’année 1793, un détachement de Bleus fait irruption dans la ferme et s’empare du vicaire. Une mendiante ou une voisine, selon les versions, l’aurait dénoncé. Le malheureux est bousculé et conduit sous les insultes jusqu’à Mortagne.

Le supplice

Les soldats jubilent. Leur justice sera exemplaire. Pas d’interrogatoire ni de procès, le prêtre vendéen doit mourir, parce qu’il est prêtre et vendéen.

La troupe a fait halte près du logis de Beauregard, en lisière de Mortagne. Les Bleus commencent par creuser une fosse, puis ordonnent au prisonnier d’y descendre. La victime est maintenue debout, tandis que les bourreaux comblent le trou jusqu’aux épaules. Enterré vivant, l’abbé Nicolas suffoque. Les Bleus s’en amusent. Ils commencent à s’éloigner de quelques pas en riant, arment leurs fusils et, prenant leur temps, se mettent à tirer l’un après l’autre en visant la tête du malheureux. Au bout de vingt détonations, le martyr cesse de donner signe de vie.

Un Bleu approche alors, tire son sabre, et d’un geste assuré tranche la tête ensanglantée. D’un coup de pied le soldat la fait rouler vers un camarade qui la relance plus loin à un autre. Le sinistre jeu de passe dure un quart d’heure. La troupe repart ensuite vers Mortagne, poussant du pied devant elle la tête du martyr à travers les rues de la ville.

Monuments du souvenir

Le souvenir de ce drame s’est perpétué. On érigea en mémoire de l’abbé Nicolas une croix de granit non loin du logis de Beauregard. Sa forme écourtée évoque les conditions du supplice. Le Souvenir vendéen y dévoila une plaque le dimanche 12 octobre 1958 : In memoriam. Ici en 1793, a été torturé et massacré en haine de la religion catholique, l’abbé François Nicolas, vicaire à Chambretaud, né à Saint-Martin-Lars en Tiffauges.

Le nom du martyr figure aussi au mur de la Chapelle des Martyrs de Saint-Martin-des-Tilleuls. Chambretaud lui a également rendu un très bel hommage en lui dédiant en 1931 un superbe vitrail immortalisant ce dramatique épisode de la Terreur en Vendée (ci-dessous).

Vitrail de Chambretaud

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