C’était un 23 juillet… l’inauguration du Mémorial Jean Yole aux Alouettes en 1960

Le Souvenir Vendéen était largement représenté à la manifestation organisée en l’honneur de Jean Yole sur le Mont des Alouettes, le samedi 23 juillet 1960. Le Dr Charles Coubard, président de notre association, le colonel de Bourmont et le comte H. de Beauregard, vice-présidents, ainsi que plusieurs membres du Comité directeur ont participé à l’hommage rendu au grand écrivain vendéen.

Jean Yole

Le journal Ouest-France du 25 juillet 1960 consacrait une pleine page à l’inauguration du Mémorial Jean Yole sur le Mont des Alouettes

Nous n’aurions eu garde d’oublier en effet que Jean Yole était très fidèlement des nôtres, puisqu’il fit partie du Comité directeur depuis 1945 jusqu’à sa mort en 1956.

Sur la façade d’un des deux moulins restaurés, un bas-relief, œuvre des sculpteurs vendéens Joël et Jean Martel, comporte en médaillon le profil de l’écrivain avec, au-dessous, ce texte gravé en relief extrait de l’ouvrage de Jean Yole, La Vendée, et qui semble bien résumer son œuvre :

C’est le rôle de chaque génération de recueillir ce que la tradition détient des sages leçons d’énergies accordées, pour en ensemencer les réalités futures.
La tradition, c’est le pied-mère. Le progrès, c’est le greffon.

La cérémonie d’inauguration se passa malheureusement sous un ciel chargé de lourdes nuées qui montaient là-bas, peut-être de ce Marais de Soullans, comme pour associer à l’hommage rendu à Jean Yole ce pays où s’était déroulée une large tranche de sa vie. Et la pluie tombait serrée, lorsque s’ouvrit la série des discours qui dut se poursuivre et s’achever à l’abri, dans la salle Jeanne d’Arc, aux Herbiers.

Jean Yole

Une cérémonie sous la pluie

De ces éloquents discours à la gloire de l’écrivain et de l’œuvre qu’il a laissée, citons seulement le message de Mgr Cazaux, qui nous semble résumer l’essentiel de cette manifestation du souvenir et de l’amitié :

« Situé en ce haut lieu qu’est le Mont des Alouettes, le monument commémoratif se dressera au-dessus du pays que la haute colline garde et domine comme un rappel, un signal, une sorte d’étendard toujours levé.

« Frappée en plein par le vent du large qui vient battre les flancs de ce rempart naturel, après avoir balayé le pays tant aimé, l’image de Jean Yole ne cessera d’inviter tous les fils de Vendée à ne rien perdre des raisons de croire et d’espérer, d’aimer et d’admirer, de servir, de vivre et de chanter qui l’ont toujours inspiré et qui expliquent le nombre et la qualité de ses amis, comme le meilleur de sa gloire. »

Jean Yole

L’hommage de Louis Chaigne à Jean Yole

Vendée-département ou Vendée-province ?

S’il est permis d’exprimer ici un regret, c’est que cet hommage à Jean Yole ait été trop cantonné dans les limites de la Vendée-département. Celui qui, dans son magnifique drame, Le Capitaine de paroisse, a su analyser et dégager très exactement les causes, le caractère, le déroulement de la grande Épopée de 1793, n’appartient-il pas à « ce département, ainsi qu’il l’a décrit, aux dimensions d’une province : la Vendée Militaire » ?

Sur le plan « Vendée Militaire », il n’y a plus en effet « ces contradictions », ce « mystère vendéen » auquel a fait justement allusion Louis Chevalier, commentant la phrase bien connue de Jean Yole : « La Vendée, c’est à la fois Charette et Clemenceau ».

On le conçoit pour la Vendée-département, parce qu’écartelée entre sa Plaine, son Marais et son Bocage. Ici le pays blanc, là-bas le pays pataud… Mais pour l’autre Vendée ? La Vendée-province qui, sans souci de frontières administratives artificielles, va de la Loire au Lay, de la Gâtine à l’Océan… Il n’y a plus, pour celle-là, de « contradictions », de « mystère » ; il y a chez elle l’unité. Unité dans la foi et dans les traditions d’héroïsme et de fidélité. Pour définir cette Vendée-là, sans doute Jean Yole eût écrit : « La Vendée, c’est Montfort et c’est Cathelineau ! »

Revue du Souvenir Vendéen, n°52, Septembre 1960, pp. 20-22

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Une réponse à C’était un 23 juillet… l’inauguration du Mémorial Jean Yole aux Alouettes en 1960

  1. CEMOIBB dit :

    Bonjour.
    J’ai découvert le Mont des alouettes l’été dernier.
    Je suis surpris des éloges adressés à Jean YOLE, en … 1960 !
    Alors qu’il est indiqué sur Wilkipédia, que Jean YOLE a été jugé inéligible par un jury d’honneur après la Libération !
    Alors que l’on fustige le souvenir du Ml PETAIN, pourquoi Jean YOLE qui a adhéré et soutenu PETAIN, est ainsi honoré ? ( Des écoles porteraient son nom !).
    J’aimerais comprendre.
    Cordialement.

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